Changer de métier à 30 ou 35 ans, ça ne s’improvise pas. Ça se planifie. Et le premier obstacle que rencontrent les actifs qui lorgnent vers l’audiologie, c’est simple : la formation d’audioprothésiste en Espagne est la seule voie sérieuse qui permette de rester en emploi pendant la formation. Pas parce que c’est plus facile. Parce que le format a été pensé pour des gens qui ont une vie professionnelle en cours — et qui n’ont pas l’intention de la mettre en pause trois ans.
La formation française : pourquoi elle est difficile d’accès pour les actifs en reconversion
L’audioprothésiste est un professionnel de santé réglementé par le Code de la santé publique (articles L4361-1 à L4361-11). Pour exercer légalement en France, il faut soit détenir le Diplôme d’Etat d’Audioprothésiste (DEA), soit avoir obtenu une autorisation d’exercice reconnue.
Le DEA se prépare sur trois ans en présentiel intégral. Le recrutement passe par Parcoursup, avec un numerus clausus qui oriente la sélection vers des bacheliers récents. Un commercial de 33 ans, une infirmière de 38 ans ou un ingénieur de 30 ans qui veut donner du sens à sa carrière : pour eux, ce format n’est tout simplement pas compatible avec le maintien d’un emploi et des revenus pendant trois ans.
Ce n’est pas une question de volonté. C’est une contrainte structurelle que le système français ne résout pas pour les actifs. La voie espagnole en est la réponse concrète.
La formation d’audioprothésiste en Espagne : flexible par conception
Le diplôme espagnol d’audioprothésiste — le Técnico Superior en Audiología Protésica (CFGS) — est un titre officiel de l’enseignement supérieur espagnol, reconnu dans toute l’Union européenne au titre de la directive 2005/36/CE. Pour exercer en France, le diplômé doit obtenir une autorisation d’exercice auprès de la DREETS de sa région, avec des stages compensatoires généralement prescrits.
Ce qui change tout pour un actif, c’est le format. Les cours théoriques sont accessibles en ligne, en français, 24h/24 sur plateforme dédiée. Les sessions pratiques sont concentrées sur six weekends par an dans une école partenaire en Espagne. Les stages se déroulent en France, dans des laboratoires agréés par les ARS. On travaille la semaine. On se forme le soir, le week-end, et six fois par an on fait le déplacement en Espagne pour les travaux pratiques.
Le résultat : deux ans de formation sans interruption de revenus, avec une vraie pratique clinique intégrée. Ce n’est pas une formation légère. C’est une formation exigeante, organisée différemment.
Un secteur porté par le vieillissement, une demande stable sur le long terme
La reconversion vers l’audioprothèse repose sur une réalité démographique documentée. En France, 37 % des personnes de 65 ans et plus présentent un trouble auditif (Journée Nationale de l’Audition, 2026). D’ici 2050, un tiers de la population française aura plus de 60 ans selon l’INSEE. Cette donnée structure la demande de soins audiologiques sur plusieurs décennies, indépendamment des fluctuations à court terme du marché de l’emploi.
Ce marché de l’emploi s’est rééquilibré depuis mi-2024. Les années 2021-2023 avaient été marquées par une forte tension entre l’offre et la demande de professionnels. Aujourd’hui, France Travail recense 2 110 offres d’emploi sur 12 mois pour le métier (2025), avec des difficultés plus marquées en zones urbaines. La mobilité géographique est devenue un critère de différenciation important. Ce contexte n’invalide pas le projet de reconversion : il demande simplement d’y entrer avec des attentes réalistes sur le marché local.
Les cadres d’exercice restent variés : salarié dans une enseigne ou un centre indépendant, libéral avec ouverture d’un centre propre, exercice hospitalier, poste chez un fabricant d’appareils. Cette diversité protège les reconvertis des retournements locaux d’un seul segment de marché.
Ce que propose FAE pour les actifs en reconversion
Parmi les organismes qui accompagnent les étudiants francophones vers le diplôme espagnol, FAE a été fondé en 2019 par un audioprothésiste français avec plus de 20 ans d’expérience dans le secteur. Le constat de départ était simple : la voie française est fermée aux actifs, et les formations espagnoles classiques se font en espagnol, ce qui représente une contrainte supplémentaire.
Le format retenu par FAE répond aux deux obstacles à la fois. Les cours sont dispensés en français, par plus de 30 professeurs français : audioprothésistes, médecins ORL, orthophonistes, acousticiens. La direction médicale est assurée par le Professeur Jérôme Nevoux, ORL formé à l’AP-HP, spécialiste en otologie. Les sessions pratiques se déroulent à l’école Vedruna Berga en Catalogne, dans des équipements dédiés à l’audiologie. Les 15 semaines de stages en laboratoire ont lieu en France, dans des centres agréés par les ARS.
Pour les actifs qui souhaitent évaluer ce parcours, FAE accompagne les étudiants français de l’admission jusqu’à l’autorisation d’exercice en France, y compris sur les démarches administratives que beaucoup sous-estiment : la CREDENCIAL (homologation du baccalauréat français par les autorités espagnoles, à entamer 3 à 6 mois avant la rentrée) et la procédure DREETS post-diplôme.
Depuis 2019, environ 480 étudiants ont suivi ce parcours. L’âge moyen est de 35 ans, et la majorité sont des professionnels en reconversion. Le taux de réussite moyen au diplôme espagnol atteint 97 % depuis la création. Un diplômé résume l’expérience ainsi : « Je suis arrivé en tant qu’étudiant et ressorti en vrai audioprothésiste fonctionnel immédiatement. »
Les points à anticiper avant de se lancer
La flexibilité du format ne signifie pas l’absence de contraintes. Plusieurs points méritent d’être anticipés avant de s’engager.
- La CREDENCIAL : l’homologation du baccalauréat français par les autorités espagnoles prend 3 à 6 mois. Elle doit être entamée bien avant la rentrée, pas après l’inscription.
- La procédure DREETS : après le diplôme espagnol, une autorisation d’exercice est obligatoire pour pratiquer en France. Elle implique des stages compensatoires d’environ un an au total (laboratoire, service ORL, fabricants). Le dépôt du dossier se fait en septembre, avec un passage en commission 5 à 6 mois plus tard.
- Les déplacements : six weekends par an en Espagne sont à organiser. L’école Vedruna Berga est située à Berga, en Catalogne, accessible depuis la France en quelques heures.
- La charge de travail : se former en parallèle d’un emploi est possible, mais exige une organisation rigoureuse, notamment pendant les périodes d’examen et de stage.
En 2025, les autorités compétentes ont traité 700 demandes d’autorisation d’exercice pour des diplômés formés à l’étranger, dont 95 % de diplômés espagnols. La procédure est encadrée, connue et documentée. Elle n’est pas un obstacle insurmontable. Elle est un calendrier à intégrer dès le départ.
FAQ : reconversion en audioprothésiste par la voie espagnole
Peut-on vraiment garder son emploi pendant la formation ?
Oui, si la formation est conçue pour cela. Le format hybride (cours en ligne accessibles à toute heure + six weekends pratiques par an en Espagne) permet à un actif de maintenir son emploi et ses revenus pendant les deux ans de formation. La charge reste significative : il faut anticiper les périodes de stage en France et les sessions présentielles à Berga. Mais l’organisation est compatible avec une vie professionnelle en cours, ce qui est précisément ce que le DEA français ne permet pas.
Quel profil convient à cette formation ?
Le prérequis est un baccalauréat général ou technologique toutes filières confondues, sans exigence de profil scientifique. Les profils qui réussissent le mieux combinent une capacité d’organisation solide, un intérêt réel pour la santé et la relation patient, et une tolérance à la dimension commerciale du métier. Commerciaux, techniciens, paramédicaux, ingénieurs, enseignants : les profils sont variés, ce qui reflète la nature hybride du métier lui-même.
Combien de temps après la formation peut-on exercer en France ?
La formation dure deux ans. Après l’obtention du diplôme espagnol, la procédure DREETS prend environ 5 à 6 mois pour le passage en commission, auxquels s’ajoutent environ un an de stages compensatoires. Le calendrier réaliste pour l’exercice en France est de trois à quatre ans à compter du début de la formation. C’est un délai à intégrer dès la prise de décision, pas une surprise en cours de parcours.
Une reconversion sérieuse, dans un format qui respecte votre vie
La formation d’audioprothésiste en Espagne n’est pas une voie de facilité. C’est une voie différente — construite pour des actifs qui ne peuvent pas ou ne veulent pas mettre leur vie professionnelle entre parenthèses pendant trois ans. Le secteur de l’audiologie offre un métier techniquement exigeant, humainement riche, ancré dans une réalité démographique qui ne fléchira pas. Pour un jeune actif qui anticipe sérieusement son projet, ce parcours donne accès à une profession réglementée avec des débouchés réels — à condition d’intégrer le calendrier complet dès le premier jour.





